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Rechercher Derniers commentairesprétentieux l'auteur pense qu'il est un spécialiste du cinéma !
Par Anonyme, le 16.01.2026
qui a écrit cet article ?
Par Anonyme, le 16.01.2026
parti chercher du lait il y a 2 ans
Par Anonyme, le 10.11.2025
imposteur
Par Anonyme, le 25.10.2025
l'auteur se fait plaisir
Par Anonyme, le 20.08.2025
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Date de création : 16.07.2012
Dernière mise à jour :
04.01.2026
220 articles
(The Shootist)
Don Siegel – 1976
Le dernier baroud d’honneur de John Wayne vaut le détour.
Dans son genre de prédilection, le western, il organise ce qu’il savait être sa sortie, sous la direction de Don Siegel, adepte du film noir et des récits du grand Ouest (on retiendra « Les Rôdeurs de la plaine », le meilleur film avec Elvis Presley et « Sierra Torride », remake à peine déguisé d’« African Queen »).
Le point de départ du « dernier des géants » constitue une stupéfiante prémonition de ce qui attend le Duke puisque son personnage, J.B. Books, est miné par le cancer. Dans les années 60, Wayne avait lui-même été victime d’un premier cancer (au poumon), avant de connaître une récidive quelques temps après le tournage du « dernier des géants » : en 1978, il subit une ablation quasi-totale des intestins avant celle de l’estomac. C’est ainsi que l’on voit un John Wayne méconnaissable (tant il est émacié et amaigri), gravir les marches de la cérémonie des Oscars en avril 1979 (deux mois avant de décéder).
N'empêche, on découvre dans « Le dernier des géants » un John Wayne tendre, émouvant et solaire comme jamais. J.B. Books est un fameux tireur plutôt qu’un tueur : compte tenu de sa réputation, des pistoleros sont souvent venus à sa rencontre pour l’accrocher à leur tableau de chasse, l’obligeant à répliquer (réminiscence, peut-être, de l’excellent « La Cible humaine », dans lequel Gregory Peck a un rôle similaire). En réalité, J.B. Books qui compte environ 30 tués à son actif respecte simplement ses principes : « Je ne me laisserai pas tromper, ni insulter ni frapper », déclare-t-il, martial, au jeune homme qu’il a pris sous son aile (Ron Howard, tout droit sorti de « Happy Days »).
Après « L’Homme qui tua Liberty Valance », c’est la deuxième fois que John Wayne partage l’affiche avec James Stewart : ce dernier incarne le médecin qui va annoncer à J.B. Books qu’il est condamné et qu’il lui reste seulement quelques semaines à vivre, avant de terminer dans d’atroces souffrances, même en se bourrant de laudanum.
Le chanteur Scatman Crothers, qui s’est illustré dans de nombreux films depuis les années 50 (et même dans « Les Aristochats » pour assurer la voix de Scat Cat), Richard Boone et Lauren Bacall (dont la carrière est alors un peu en perdition), viennent compléter une distribution irréprochable en tous points.
« Le dernier des géants » n’est pas seulement un épitomé de la légende John Wayne ; c’est aussi une version désenchantée de la célébrité (le crépuscule d’un « shootist »), dont la tonalité est assez proche d’« Impitoyable », réalisé par Clint Eastwood, quinze ans plus tard.
J.B. Books est peut-être, comme il le dit, « un homme mourant effrayé par l’obscurité », mais il continue à ne pas s’en laisser compter ; ni par sa logeuse (le rôle de Lauren Bacall, revêche et pudique à souhait), ni par le shérif de Carson City, Nevada, qui aspire à le voir mort, ni même par le journaliste qui projette de raconter son existence dans une publication, quitte à fantasmer sur ses faits d’armes.
Il ne faudrait pas oublier d’ajouter à ce tableau picaresque un fameux croque-mort, interprété par John Carradine (lui aussi, un ancien des films de John Ford) ; celui-ci vient lui proposer un cercueil en bronze qui durera un siècle au moins et un enterrement de première classe, son meilleur catafalque et deux pleureuses, contre le droit d’embaumer et exposer la dépouille du « shootist ».
Épuisé par la maladie, J.B. Books a encore la force de chasser de la pension où il s’est installé tous les solliciteurs et les vautours. Bien décidé à ne pas terminer, pathétique et dépendant, il organise aussi sa fin un 29 janvier, jour de son anniversaire, une semaine après avoir posé le pied à Carson City ; sa sortie, il voudra qu’elle consiste en une confrontation, au saloon de la ville, avec trois tueurs émérites.
Ce sera la scène finale du film. Books parvient à abattre ses trois adversaires, l’un après l’autre, comme à l’entrainement, mais il est blessé avant que le barman, surgi dans son dos, ne l’achève avec un fusil à canon scié. Ce trépas, John Wayne l’aura choisi pour J.B. Books (on dit qu’il a fait modifier tout le dernier tiers du film, refusant notamment de tirer dans le dos de ses adversaires).
Il n’y aura plus alors qu’à graver la pierre tombale que J.B. Books avait commandée lui-même à l’avance :
« John Bernard BOOKS
29/01/1843
DIED :
1901 »
Christophe LECLERC